" - On pleure, on pleure, pour rien, pour ne pas rire, et peu à peu... une vrai tristesse vous gagne. Tous ce que j'aurais pu aider. Aider ! Sauver. Sauver ! Ils sortaient de tous les coins. Mais terre, c'est sans remède ! Allez-vous en et aimez-vous ! Léchez-vous les uns les autres ! Quand ce n'était pas du pain c'était du mille-feuille. Foutez-moi le camps, retourner à vos partouzes ! Tout ça, tout ça ! Même pas un vrai chien ! La fin est dans le commencement et cependant on continue. Je pourrais peut-être continuer mon histoire, la finir et en commencer une autre. Je pourrais peut-être me jeter par terre. Enfoncer mes ongles dans les rainures et me traîner en avant, à la force du poignet. Ce sera la fin et je me demanderai ce qui a bien pu l'amener et je me demanderai ce qui a bien pu... pourquoi elle a tant tardé. Je serais là, dans le vieux refuge, seul contre le silence et... l'inertie. Si je peux me taire, et rester tranquille, c'en sera fait, du son, et du mouvement. J'aurai appelé mon père et j'aurai appelé... mon fils. Et même deux fois, trois fois, au cas où ils n'auraient pas entendu, à la première, ou à la seconde. Je me dirai, il reviendra. Et puis ? Et puis ? Il n'a pas pu, il est allé trop loin. Et puis ? Toutes sortes de fantaisies ! Qu'on me surveille ! Un rat ! Des pas ! Des yeux ! Le souffle qu'on retiens et et puis... Puis parler, vite, des mots, comme l'enfant solitaire qui se met en plusieurs, deux, trois, pour être ensemble, et parler ensemble, dans la nuit. Instants sur instants, plouff, plouff, comme les grains de mil de... ce vieux Grec, et toute la vie on attend que ça vous fasses une vie. Ah y être, y être ! Tiens ! Ni loin ni mort ? - En esprit seulement. - Lequel ? - Les deux. - Loin tu serais mort. - Et inversement. - Loin de moi c'est la mort."